Jean-Paul Daoust

Lanaudière, terre d’inspiration du poète québécois... pour n'en faire qu'à sa tête

Le 21 mars marque la Journée mondiale de la poésie. Une date qui tombe à merveille : au moment où l’hiver s’essouffle et où le printemps commence doucement à se faire sentir. Comme une caresse qui rappelle qu’il y a toujours une fin à l’aridité de l’hiver… et que les mots peuvent eux aussi faire éclore la lumière.

Proclamée par l’Organisation des Nations Unies, cette journée célèbre la diversité linguistique et culturelle à travers l’expression poétique et rappelle que toutes les voix doivent pouvoir se faire entendre.

Et s’il y a une voix qui n’a jamais hésité à se faire entendre, c’est bien celle de Jean‑Paul Daoust.

(Crédit photo : Mario Savoie)

Poète flamboyant, libre et profondément engagé, Jean-Paul Daoust a signé plus de cinquante recueils où se croisent la mélancolie, la modernité et l’homosexualité, des thèmes qu’il aborde avec une franchise qui a marqué la littérature québécoise.

Lanaudois d’adoption depuis plusieurs décennies, il a façonné de sa plume une part du paysage culturel du Québec… tout en trouvant dans la région un espace de liberté et d’inspiration.

À l’occasion de la Journée mondiale de la poésie, nous vous invitons à (re)découvrir ce créateur unique et le coin de pays qui nourrit, encore aujourd’hui, son imaginaire.

(Crédit photo : Mario Savoie)

 

Sainte-Mélanie, un refuge inspirant

Rencontrer Jean-Paul Daoust, c’est entrer dans un univers.

Le poète nous ouvre la porte de sa maison à Sainte‑Mélanie, au bord du paisible lac Rocher. Un lieu choisi avec soin, fidèle à un fil conducteur qui traverse toute sa vie : la présence de l’eau.

« Je suis né à Salaberry‑de‑Valleyfield, sur la rive de la baie Saint-François. J’ai eu un pied-à-terre à Montréal, devant l’étang du Parc La Fontaine. Et ici, c’est la continuité », raconte-t-il en montrant le paysage qui s’étend devant lui.

À environ une heure de la métropole, la région lui offre le meilleur des deux mondes : l’effervescence urbaine… et la tranquillité de la campagne.

« Mais sachant ce qui m’attend ici, ça me stimule de revenir », confie-t-il.

Et c’est facile de comprendre pourquoi. Dans Lanaudière, la nature n’est jamais très loin : les forêts, les lacs, les routes sinueuses et les paysages qui changent au fil des saisons. Un décor qui invite à ralentir… et à écrire.

(Crédit photo : Mario Savoie)

Une communauté qui adopte son poète

Quand Jean-Paul Daoust s’installe à Sainte-Mélanie il y a près de quarante ans, avec son conjoint, la situation sort des normes de l’époque dans un petit village québécois. Pourtant, la communauté les accueille avec ouverture et bienveillance.

« Ils sont contents d’avoir leur poète », dit-il aujourd’hui, avec un sourire teinté de fierté.

Cette relation est profondément réciproque. Le créateur s’implique activement dans la vie culturelle locale, notamment avec l’organisme Culture en Action et l’événement le Rendez-Vous Couleurs, Orgue et Poésie, qui rassemble les artistes de la communauté. L’an dernier, une rencontre avec l’animatrice de Radio-Canada Marie‑Louise Arsenault y a d’ailleurs attiré une salle comble. (Ils ont coanimé Plus on est de fous, plus on lit! sur les ondes de Radio-Canada pendant 11 ans.)

Octobre 2025, rencontre entre Marie-Louise Arsenault et Jean-Paul Daoust à Sainte-Mélanie. (Crédit photo : Naomie Briand)

 

Pour lui, ces initiatives sont essentielles.

« Culture en Action nous a permis de nous informer et de nous regrouper. Souvent, les artistes travaillent seuls. Là, on a réussi à créer une communauté. » Dans laquelle toutes les formes d’arts sont les bienvenues.

La région nourrit aussi sa reconnaissance artistique. En 2020, par le biais de Culture Lanaudière, il a reçu le prix du Conseil des arts et des lettres du Québec comme Artiste de l’année dans Lanaudière. Un prix qui s’ajoute aux nombreuses autres distinctions qu’il compte à sa feuille de route.

 

Une année de célébrations… et de création

L’année 2026 a débuté en grand pour Jean-Paul Daoust.
Le 30 janvier, il célébrait à la fois ses 80 ans et 50 ans de publication.

Mais fidèle à lui-même, le poète n’a pas seulement soufflé des bougies : il a aussi publié un nouveau recueil, Escalader la lumière, aux éditions Poètes de brousse.

Car l’inspiration est toujours là.

Il attrape un cahier posé sur la table, rempli de phrases griffonnées, d’idées, de débuts de poèmes.

« J’aime écrire à la main », confie-t-il.

L’ordinateur lui sert surtout à mettre de l’ordre dans ses écrits.

Pour certains, la poésie peut sembler exigeante. Il en est bien conscient.

« L’écrivain fait 50 % du travail. Le lecteur doit faire un effort de son côté. »

Mais si la poésie rejoint aujourd’hui un public plus large, plusieurs estiment qu’il y est pour quelque chose. Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il a contribué à la rendre plus accessible, il accueille le commentaire avec modestie :

« C’est un beau compliment. »

(Crédit photo : Mario Savoie)

Continuer à écrire… et à vivre

Pour la suite de l’année, Jean-Paul Daoust souhaite ralentir un peu le rythme médiatique, mettre de l’ordre dans ses textes et savourer davantage la vie à Sainte-Mélanie.

Profiter de la nature.
Recevoir des amis.
Faire la fête dans ce décor qu’il affectionne tant.

Et surtout, continuer à créer… librement.

Bref, continuer à n’en faire qu’à sa tête.

 

En cette Journée mondiale de la poésie, l’histoire de Jean-Paul Daoust nous rappelle une chose :
les mots ont besoin d’espace pour respirer.

Et parfois, cet espace se trouve tout simplement ici, au cœur de Lanaudière. Où l’on peut oser grand et vivre grand.

Ses coups de cœur de la région :

L’Abbaye Val Notre Dame
Un lieu qui le fascine par son architecture moderne et son atmosphère paisible et par temps clair, on peut même apercevoir au loin l’Oratoire Saint Joseph du haut de la Montagne Coupée.

Le Manoir Panet
Chargé d’histoire, ce lieu rend hommage à Louise Amélie Panet, qui y recevait au XIXᵉ siècle écrivains, musiciens et artistes dans un salon littéraire vibrant.

Le lac Rocher
Situé à Sainte Mélanie, ce plan d’eau est à l’origine même de son installation dans la région.