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@ Municipalité de Saint-Donat

Nouvelle-Acadie : 5 questions à Philippe Jetté

Fier Jacobin, Philippe Jetté cultive ses racines culturelles en prenant soin des traditions de sa communauté, la Nouvelle-Acadie! Bien connu dans Lanaudière pour son travail comme médiateur culturel, son intérêt pour l’histoire et les traditions de la Nouvelle-Acadie remonte à sa tendre enfance. Depuis, sa passion pour le patrimoine n’a cessé de croître et d’alimenter sa vie! Assez qu’il en a fait une carrière!

C’était donc la personne tout indiquée pour nous renseigner sur les racines acadiennes des Lanaudois et partager son amour pour la Nouvelle-Acadie!  

Car, dans la région de Lanaudière presque tout le monde a un ancêtre acadien! 73% plus précisément. Et ce sont des millions de Québécois qui sont d’origine acadienne.

Déjà à l’école primaire à Saint-Jacques, j’ai remarqué qu’on avait une manière de s’exprimer. Surtout la façon qu’on prononçait les J comme des H aspirés. J’ai retrouvé ce même accent quand je suis allée à Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse!

1. D’où te vient ton intérêt pour les traditions et la Nouvelle-Acadie?

Quand j’étais jeune, mon père me parlait du territoire, des gens qui l’ont habité et ont façonné. Plus tard, j’ai poussé mes recherches pour découvrir que les premiers étaient venus s’établir à Saint-Jacques dans les années 1700, tout au long du Ruisseau Saint-Georges et du ruisseau Vacher.

Déjà à l’école primaire à Saint-Jacques, j’ai remarqué qu’on avait une manière de s’exprimer. Surtout la façon qu’on prononçait les J comme des H aspirés. J’ai retrouvé ce même accent quand je suis allée à Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse!

2. Comment la Nouvelle-Acadie s’est-elle formée dans Lanaudière?

C’est une longue histoire, mais en résumé, à la déportation en 1755, les Acadiens sont arrivés par bateau à Boston… Certains sont revenus à Québec lorsqu’ils ont pu quitter les États-Unis. Un premier groupe d’Acadiens s’est installé sur les berges de la rivière L’Assomption, à Saint-Pierre-du-Portage-de-l’Assomption (maintenant devenu la Ville de L’Assomption). C’est 16 familles qui se sont établies. 

Les Sulpiciens, des religieux, ont cédé des terres à plusieurs familles acadiennes autour des années 1770. L’abbé Bro est allé en mission de colonisation et est revenu avec plusieurs familles… c’est à cette même époque que la paroisse de Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie a été fondée. Le Saint-Jacques de l’époque, c’est un vaste territoire qui compte plusieurs villages, dont Rawdon, L’Épiphanie, Sainte-Marie-Salomé… 16 familles acadiennes se sont installées au bord du Ruisseau St-Georges et du Ruisseau Vacher. D’autres familles en ont entendu parler – de plus en plus de familles sont venues. Surtout des familles souches.

Une maison ancestrale datant de la fin des années 1700 est d’ailleurs encore érigée sur le chemin Mireault à Saint-Jacques!

3. Quelles sont les Municipalités qui font partie de la Nouvelle-Acadie?

La Nouvelle-Acadie c’est 4 municipalités : Saint-Jacques, Sainte-Marie, Saint-Alexis et Saint-Liguori. Les Municipalités affichent fièrement leurs racines et leur histoire…

À Saint-Jacques, on retrouve la Maison de la Nouvelle-Acadie, un lieu d’exposition, le parc des cultures derrière l’église et le monument de l’Odyssée acadienne. Ce monument se trouve dans plusieurs foyers acadiens dans le monde.

Il y a aussi la Croix commémorative de la première messe située dans le Bas-de-l’Église-Nord. Plusieurs Acadiens qui sont de passage ici vont s’y recueillir. C’est un arrêt qui fait partie de leur itinéraire.

À Saint-Liguori, ils ont une œuvre d’art public, le bateau-ancre qui rappelle une embarcation et qui est surmonté d’une croix. Et à Sainte-Marie Salomé il y a une plaque qui rend hommage aux Acadiens de la place.

4. Comment célèbre-t-on la Fête des Acadiens dans la région?

On célèbre de plusieurs façons nos racines acadiennes. On arbore le drapeau acadien. On peut le voir un peu partout en Nouvelle-Acadie… Les gens s’affichent fièrement. On se rend au tintamarre pour faire du bruit. Dire qu’on existe toujours!

Plusieurs personnes retracent leurs racines acadiennes, cherchent à trouver leurs ancêtres. 

Mais pour répondre à ta question, on a des festivités chaque année dans la région pour célébrer la Fête des Acadiens. Le 15 août, en Acadie, ils célèbrent le grand Tintamarre. C’est une fête commémorative de tous les Acadiens!

Ici, nous avons le Festival de la Nouvelle-Acadie à la mi-août. Des activités se déroulent dans les 4 villages de la Nouvelle-Acadie. C’est une façon de se rassembler, de dire ensemble, qu’on est fiers de nos racines!

5. En tant que médiateur de patrimoine vivant, comment on réussit à conserver le patrimoine dans la région?

Je dirais que c’est par la transmission. Mon rôle, c’est de développer des projets qui visent à pérenniser nos traditions. Avec les écoles, les MRC, les Villes… Je documente des traditions et je conçois des projets pour répondre au besoin du milieu. Toujours en coopération avec la communauté.

Il faut maintenir les traditions vivantes. Sauvegarder sans figer. Recréer de génération en génération. Les traditions évoluent… On est dans une continuité, dans quelque chose qui est vivant.

Par exemple, dans la MRC de d’Autray, on a un projet qui vise l’autonomie de la collectivité par des pratiques anciennes et la transmission. Du fléché, du tissage, et du gossage de cups (aussi pratiqué par les Atikamekws). Je réalise aussi des résidences d’artistes dans les écoles primaires de Sainte-Marie Salomé et de Saint-Liguori. Je donne des ateliers de transmission aux jeunes et je collecte de traditions auprès d’eux pour les documenter. Au terme de la résidence, on organise une exposition virtuelle pour rendre les traditions à la disposition de tous.

J’organise aussi des conférences spectacles sur les traditions orales de la Nouvelle-Acadie. J’y parle de l’origine de chansons, airs de musique, des  surnoms…

Et avec les Petits pas Jacadiens, on organise des veillées de danse traditionnelle et de gigue pour faire perdurer la tradition de la danse de figure et de la danse de pas.

Mon but c’est de trouver de nouveaux moyens et d’innover pour contrer rupture de transmission.